Timelight

Timelight est le fruit d’un travail de réflexions et de créations collectives menées par six artistes autour du mouvement DISCO, genre musical mais aussi révolution sociale des années 70.

 

Porté par l’association Le Tube, Timelight invite à parcourir la ville durant le mois d’octobre 2018 à la découverte des oeuvres nées de cette réflexion collective. L’exposition présente ainsi la restitution de six mois de collaboration entre six jeunes artistes régionaux et nationaux : Océan Delbes, Claire Guetta, Coralie Lhote, Jonathan Naas, Anna Tjé et Marie Primard. Ce projet se place ainsi sous le signe de la rencontre et de la diversité des pratiques artistiques afin d’interroger les notions de communauté, de mouvement et de libération des carcans.

 

Ces notions de communauté, de mouvement et de libération des carcans sont inhérentes à chaque époque. Le choix du mouvement disco offre ici un cadre au collectif éphémère afin d’expérimenter et de faire émerger des alternatives en matière de production de savoir et d’oeuvres d’art.

 

Si la réputation hédoniste du disco n’est plus à faire, il est important de rappeler qu’il puise ses origines dans un climat social et économique au bord de l’effondrement. Le flower power des années 60 laisse place au désenchantement et à la désillusion engendrés notamment par les assassinats de John F. Kennedy en 1963 et Martin Luther King au printemps 1968. Avec l’arrivée de Nixon au pouvoir, la guerre du Vietnam, les Hard Hat Riots, la stagflation liée à l’inflation et à une croissance quasi nulle, ou encore l’augmentation de gangs armés, New York est le symbole d’une Amérique à feu et à sang après l’ère idyllique et progressiste des Civil Rights. Émerge dans ce contexte, une politique identitaire rude qui enclenche un accroissement de la violence et des affrontements intenses entre les minorités et l’américain moyen. Le contexte d’émergence du mouvement disco est complexe et charnière. Il est un moment de remise en question identitaire pendant lequel les rassemblements clandestins se développent afin de recréer une communauté hors des normes institutionnelles.

 

Surgit alors un milieu alternatif, dans lequel une mixité sociale et raciale semble possible. De cette expérience totale, de nouvelles techniques artistiques et un nouveau rapport à l’autre voient le jour. La musique et son expérience deviennent dès lors un vecteur, un moyen de se libérer.

 

Ainsi le but de Timelight n’est pas simplement de se réapproprier le mouvement disco, mais de questionner, de changer et de recréer la, ou une réalité à travers la mise en parallèle d’époques et de questionnement sociaux.