Le poids de la légèreté

Le poids de la légèreté

Hélène Bleys

Dimensions variables

Faïences, cordes polypropylène colorées

2019

Au centre de l’espace, des formes aux couleurs vives se taquinent. Au bord de la chute mais raccrochées par des cordes hardies, on distingue de prime abord des formes géométriques, semblables à des flotteurs. En se rapprochant se dévoile un agglomérat d’ailes de papillon. Expérience des lois physiques ou bien cocon en mutation, la pièce constituée de six céramiques propose un récit suspendu et ambigu. Entre envol prochain ou sédimentation mortuaire, elle joue des codes de la maçonnerie et du dessin en évoquant la verticalité du fil de plomb.

Il s’agit d’un clin d’œil à la fameuse question piège du kilo de plomb et du kilo de plume, l’effet de balancier et de contrepoids se réfère ici avec humour aux théories physiques (démenties depuis) d’Aristote dans son Traité du ciel. Jouant des principes physiques de la gravitation et de l’apesanteur, la pièce use de ces conventions scientifiques afin de mieux s’en détourner par une relecture allégorique et poétique de la masse. Comme un inévitable retour au sol, suspendus à une corde, ces papillons, libérés de leur impesanteur semblent piégés dans cet amoncellement.

Quel serait le poids de la légèreté ?